Les toiles du lundi par Cinéclap : « En attendant les hirondelles »

Les toiles du lundi par Cinéclap : « En attendant les hirondelles” de Karim Massaoui (2017), lundi 12 février 2018, 20h30, Cinéma du Clermontois, salle Paul Lebrun.

Synopsis

Aujourd’hui, en Algérie. Passé et présent s’entrechoquent dans les vies d’un riche promoteur immobilier, d’un neurologue ambitieux rattrapé par son passé, et d’une jeune femme tiraillée entre la voie de la raison et ses sentiments. Trois histoires qui nous plongent dans l’âme humaine de la société arabe contemporaine.

CINÉCLAP - PLAQUETTE - 2018-01 - PLAQUETTE

Extrait de l’article « « En attendant les hirondelles » : Algérie, cadavre exquis  » de Jacques Mandelbaum publié le 07 novembre 2017 sur lemonde.Fr 

« Quelque chose bouge donc dans le cinéma algérien ? C’est Tariq Teguia (Rome plutôt que vous, 2006 ; Inland, 2008 ; Revolution Zendj, 2013), sans doute le plus grand cinéaste qu’ait jamais compté l’Algérie, qui a d’abord libéré les consciences, les gestes, l’horizon. Qui a prouvé, dans un paysage cinématographique effacé, dans une société traumatisée par la guerre civile et assujettie à la férule d’un pouvoir autoritaire, qu’il était possible d’y filmer de nouveau à cette hauteur, d’y rêver si radicalement, si poétiquement, d’un autre monde.

Et à voir le nouveau film de Karim Moussaoui – après son magnifique moyen métrage Les Jours d’avant (2015), après l’envoûtant documentaire Dans ma tête un rond-point d’Hassen Ferhani (2016) -, le doute n’est plus permis.

Moussaoui, qui fut l’assistant à la réalisation de Inland, signe avec En attendant les hirondelles un film semblablement marcheur et aéré, sensuel et elliptique, languissant et rageur. Un film en mal de printemps, qui n’en aurait pas fini avec la longue nuit de l’hiver. Trois segments s’y transmettent le relais faussement hasardeux de la narration, en un marabout de ficelle qui constitue une sorte d’échographie tremblée de la société algérienne. L’image qui en ressort, grosse de tant d’espoirs meurtris, laisse évidemment planer la sourde inquiétude de la vie qui s’étiole, du temps qui stagne. Cela tombe bien, Moussaoui est un cinéaste qui fait du temps la matière même de son récit. »