Photaumnales 2018 : Où loge la mémoire

La 15e édition du festival photographique les Photaumnales, organisé par Diaphane, pôle photographique en Picardie, se tiendra du samedi 15 septembre au lundi 31 décembre 2018 à Beauvais et en région des Hauts de France, du samedi 15 septembre au dimanche 4 novembre 2018 à Clermont – http://www.photaumnales.fr/

Pour cette édition 2018 des Photaumnales, et dans une année de commémorations multiples, notre programmation interroge elle aussi la relation mémorielle de la photographie à l’histoire, en confrontant des approches multiples et variées sur ce thème. « Où loge la mémoire » explore la diversité des relations qu’entretient ontologiquement la photographie avec le temps. De l’inscription dans le paysage des traces d’une mémoire collective au recueil des modifications du paysage, les images construisent une histoire contemporaine qui résonne dans cette édition avec de nombreuses archives.

27 photographes sont présents à travers des expositions thématiques ou monographiques. De nombreuses visites et ateliers sont proposés dans le cadre du programme d’éducation à l’image qui permettent à un large public de découvrir la multiplicité des approches artistiques et de mieux comprendre le langage des images.

Les Photaumnales confirment leur ouverture internationale en offrant des cartes blanches aux festivals partenaires : Photolux en Italie, Kaunas Photo Festival en Lituanie, les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie au Québec et la Triennale Photographie et Architecture à Bruxelles. Le festival renforce cette année son implantation territoriale en présentant des expositions dans les villes d’Amiens, Beauvais, Clermont, Creil, Noyon et Douchy-les-Mines, et dans les galeries de nombreux établissements scolaires.

Cet automne de la photographie dans les Hauts-de-France verra encore cette année tomber de nombreuses images que l’on ramasse à la pelle.

Où loge la mémoire à Clermont

Exposition Espace Culturel Séraphine Louis

  • 16 rue du Donjon, 60600 Clermont – Tél. : 03 44 78 88 69
  • vernissage : samedi 15 septembre à 11h
  • Ouvert les mercredi, samedi et dimanche de 14h à 18h – Entrée libre

Hôpital psychiatrique de Clermont – Arnaud CHAMBON : « Contre ! » (création)

J’ai passé 5 mois au sein de l’hôpital psychiatrique de Clermont, dans l’Oise. J’ai fait ce choix car cet autre, cet ailleurs que cristallise le soin psychiatrique fait partie de ma vie depuis longtemps, et que cette immersion totale était pour moi une façon de faire face à quelque chose.

Comme souvent quand j’arrive quelque part, je me mets en colère contre les mots utilisés dans ce lieu. L’hôpital n’a pas fait exception à cette règle. Au centre de ma colère il y avait les mots de la nosologie. Parfois il m’arrivait d’utiliser les mêmes mots et ma colère redoublait. J’ai mâché cette colère, j’ai fermé les yeux et je suis descendu en moi pour mieux regarder ce que je voyais.

Il y eut pour moi ces déchirures devant le monde que le photographe connaît bien, des sortes d’extases. Il y eut aussi beaucoup de di cultés et des photographies manquées. Mais j’ai pu je crois réaliser des photographies qui comptent pour moi. Et à chaque fois, elles me laissaient nu, perdu, sans savoir. Je n’étais pas seul. Une centaine de personnes, dont la plus jeune avait 6 ans, ont toutes essayé de trouver le chemin vers des photographies qui comptent pour elle-même. Et il y eut aussi pour moi ce double bonheur de regarder l’énergie dégagée par notre mouvement, et de vivre les photographies réalisées par d’autres. — Arnaud Chambon

Ce projet s’est déroulé dans le cadre d’une résidence mise en place par Diaphane au Centre hospitalier isarien de début octobre 2017 à mi-février 2018, avec le soutien de la Direction régionale des a aires culturelles et l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France.

Né en 1971 à Soissons, Arnaud Chambon est autodidacte. Il vit et travaille entre la région parisienne et les Hauts-de-France. www.arnaudchambon.fr

Le collège Fernel – Almond CHU (création)

Lors de ma résidence de création à Clermont, mon appartement se situait à côté d’un bâtiment d’une architecture assez remarquable. J’ai appris que c’était un collège construit en 1938. De style Bauhaus, l’établissement scolaire secondaire a accueilli jusqu’à 1 400 élèves. Le bâtiment est inoccupé depuis 2004. Ce qui m’a étonné, c’est sa taille. C’est en e et une grande école dans une petite ville. Je me demande si tous les habitants de la ville y ont étudié.

Franchement, le style du Bauhaus est aujourd’hui rébarbatif, mais il représente l’histoire et une révolution dans le design qui a eu une forte in uence dans le monde.

Avec mes photos, j’essaie de documenter la relation entre le collège et la ville. Je regarde les traces que les élèves ont laissées, les marques qui ont été écrites. Je scrute la construction, de l’intérieur comme de l’extérieur. C’est un vestige du patrimoine, de l’histoire. C’est aussi la mémoire collective des habitants du Clermontois. — Almond Chu

Le 10 juillet 1938, la première pierre de ce nouveau collège est posée par Édouard Herriot, Président de la Chambre des Députés. Les clefs sont remises par la Municipalité au Principal le 4 mai 1940. Dans son discours, le Préfet de l’Oise s’adresse aux élèves : il leur appartient de se rendre compte des e orts réalisés par la collectivité qui ont permis de construire ce collège, « un des plus modernes et des plus beaux de France ». Ce bâtiment de style « paquebot » respecte les préceptes du Bauhaus et de Le Corbusier.

Almond Chu a été accueilli en résidence à Clermont en 2016-2017 dans le cadre d’un partenariat entre le festival Les Photaumnales, l’Alliance française de Hong Kong et le Hong Kong International Festival.

Né en 1962 à Hong Kong, Almond Chu, diplômé de l’École de photographie de Tokyo en 1986, ouvre son propre studio à Hong Kong en 1993. Il est représenté par Yoko Uhoda Gallery à Liège (Belgique) et à La Galerie, Paris 1839 à Hong Kong. www.almondchu.com