Photaumnales 2019 : Terra nostra – le temps de l’Anthropocène

Photaumnales 2019, 16e édition « Terra nostra – le temps de l’Anthropocène » du 21 septembre au 3 novembre, espace culturel Séraphine Louis.

Espace culturel Séraphine Louis

  • Mercredi, samedi et dimanche 14h à 18h. Entrée libre.
  • Vernissage samedi 28 septembre 2019, 11h

« Voyage en Pays du Clermontois » – Israel Ariño

Depuis juillet 2017, j’ai l’occasion de parcourir les communes du Pays du Clermontois, dans une dérive particulière lors de laquelle j’ai choisi de retourner sur des lieux sans histoire et des moments du quotidien à différentes périodes de l’année. J’ai voulu me confronter aux hasards de la marche, au désir de photographier des espaces intermédiaires qui, d’une certaine façon, m’intriguaient.

J’ai essayé de relire ce territoire, de le court-circuiter pour créer un récit pastoral chargé de « révélations », où derrière la surface de chaque image, une autre se cachait. Ici, les images s’interrogent sur le passé en même temps qu’elles réfléchissent sur l’avenir.

Il ne s’agit à aucun moment de porter un jugement moral sur les territoires traversés. Le propos est davantage de se débarrasser de toute une série de codes, d’idées péremptoires et de clichés qu’on associe à la connaissance d’un lieu, pour à la fin de notre trajet, essayer de découvrir la signification de ce lieu.

À l’occasion de la résidence de Israel Ariño, diaphane éditions et les éditions Anómalas publient l’ouvrage Voyage en Pays du Clermontois, avec le concours du Pays du Clermontois et la Ville de Clermont-de-l’Oise.

Israel Ariño est né en 1974 à Barcelone. Il vit et travaille entre la Catalogne et la France. Après ses études de photographie à l’Institut d’Estudis Fotogràfics de Catalunya, il se forme en gravure et sculpture à la Faculté de Beaux Arts de Barcelone. Il est photographe et éditeur chez Ediciones Anómalas à Barcelone.

Il est representé par la Galerie VU’ à Paris, l’Espace JB à Genève, la Fifty Dots Gallery à Barcelone, la Box Galerie à Bruxelles et la Tosei Gallery (Tokyo).

Les arbres de feu – Morgane Britscher

Hiver 2018, Clermont-de-l’Oise, une particularité du paysage me saute aux yeux, travaillant sur l’idée que nous sommes tels des mille feuilles de paysages et qu’ils influencent notre construction, je me suis penchée sur le pourquoi de ces plantations si particulières.

Elles sont intrinsèquement liées à l’histoire du paysage de ce territoire. Après avoir étudié un atlas du paysage picard, j’ai pu comprendre leur existence par la présence historique de tourbières, de marécage et d’un sol perméable.

La culture du peuplier permet une grande absorption de l’eau, les sols autour de lui s’assèchent, permettant à travers l’histoire l’implantation des hommes, d’autre part sa culture a longtemps fait de ce territoire un producteur d’allumettes : les arbres de feu.

Aujourd’hui ces plantations font partie des habitants, elles font partie de leur construction. Les paysages changent, les plantations évoluent rapidement. Les paysages d’hiver sont très particuliers, un enchaînement linaire, devenant sur certaines parcelles aux beaux jours un fouillis vert où le regard se perd.

Le futur et la fluctuation du cour du bois peuvent complètement modifier l’avenir de ces parcelles, on peut imaginer qu’elles soient rendues à la nature et que ces plantations si linéaires redeviennent des espaces naturels et ces dédales d’allées des chemins ombragés où la marche serait empêchée, contrainte par une nature reprenant ces terres. Les sons y sont aussi particuliers, le vent s’engouffre dans les peupleraies et les bois craquent, les habitants ont tous une histoire avec les peupliers.

Morgane Britscher est née en 1986, elle vit et travaille en Lorraine.

Ce travail a été réalisé en 2018 dans le cadre de la résidence-mission « La photo bat la campagne » mise en place par Diaphane.

Là – Margaret Dearing

Ils ont 14 ou 15 ans et habitent dans le Pays du Clermontois. Ils ne sont plus des enfants, pas encore des adultes. Ils vont au collège ou au lycée. Certains s’orientent déjà vers des métiers, d’autres poursuivront des études plus longues. Ils ont envie d’indépendance. Ils sont souvent tributaires des parents, du car qui les emmène à l’école. 

Ils m’ont emmené dans des lieux choisis dans leur établissement scolaire, ou bien là où ils se détendent, traînent avec leurs amis. Ils m’ont parlé de leur quotidien, du regard des autres qui n’est pas toujours tendre.

Autour d’eux, des champs et des bois ; des villages et une ville qui se sont étendus avec la construction de quartiers pavillonnaires ou d’immeubles d’habitat collectif. De l’hiver à l’été, la végétation est omniprésente. Elle est en sommeil, elle est coupée, elle pousse. 

Née en 1979, Margaret Dearing vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy en 2001, puis de l’École nationale supérieure de la photographie à Arles, en 2004.

Ce travail a été réalisé en 2018 dans le cadre de la résidence-mission « La photo bat la campagne » mise en place par Diaphane.