Exposition « Garden of delight » de Nick Hannes

 Exposition Garden of delight du photographe belge Nick HANNES jusqu’en juillet 2021, en extérieur, derrière l’Hôtel de ville de Clermont, rue George Lesage.

Nick HANNES

https://nickhannes.be/

« Dubaï n’évoquait pas grand-chose pour moi. Au mieux, quelques réflexions et préjugés. 
Je loge à Deira, le centre historique de Dubaï. Mon hôtel est situé sous la trajectoire des avions et juste à côté d’un minaret. La chambre sent l’humidité, mais elle est bon marché selon les critères locaux. En bas de ma fenêtre, le monde entier se côtoie dans un grouillement de vie. Manutentionnaires poussant des charrettes à bras, Indiens à vélo, Africains aux vêtements bigarrés, femmes russes les jambes nues, musulmans occupés à prier sur le trottoir, vendeurs de rue louches (« Watch Mister? iPhone? Good price! ») et, le soir, prostituées aguicheuses. Dans les rues alentour, des cartes de salons de massage sont en permanence glissées dans la fente des portières des voitures parquées. Avec, dessus, des photos de beautés exotiques et un numéro de téléphone. 

Je descends dans le métro au Baniyas Square. Il plonge aussitôt sous la Creek pour refaire surface dans la Dubaï moderne. La première impression que donne la ville est franchement impressionnante. Par la fenêtre du dernier wagon, je découvre, ébahi, le cortège interminable des gratte-ciels qui bordent Sheikh Zayed Road. C’est haut, Dubaï. Dubaï UAE.

Dubaï est belle. Dubaï est sûre. Dubaï est sous contrôle. Mais Dubaï n’aime ni le hasard ni l’aventure. Ici, on préfère éviter l’imprévu. Où sont les musiciens de rue, les enfants qui jouent au foot, les gamins qui traînent ? Où sont la scène musicale underground, les graffiti, les surprises qui vous attendent au tournant ? La couleur locale, la poésie, les marges, l’âme de cette ville ? Et mon choc culturel, où est-il ? » Nick Hannes.